Mercure magicien: une formule pour faire parler les bêtes

Au troisième dialogue du Cymbalum Mundi (1537) de Bonaventure des Périers, le dieu Mercure décide de faire parler un cheval de trait nommé Phlégon. Pour cela, il utilise une formule magique dont beaucoup d'interprètes ont prétendu qu'elle n'avait aucun sens. Seuls de rares critiques y...

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Bibliographic Details
Published in:Réforme, humanisme, renaissance
Main Author: Mothu, Alain 1960-
Format: Electronic Article
Language:French
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Published: [publisher not identified] [2017]
[publication not identified]
In:Réforme, humanisme, renaissance
Year: 2017, Volume: 85, Issue: 2, Pages: 137-154
Online Access: Volltext (Verlag)
doi
Description
Summary:Au troisième dialogue du Cymbalum Mundi (1537) de Bonaventure des Périers, le dieu Mercure décide de faire parler un cheval de trait nommé Phlégon. Pour cela, il utilise une formule magique dont beaucoup d'interprètes ont prétendu qu'elle n'avait aucun sens. Seuls de rares critiques y ont vu un mélange de grec et de latin, mais leurs traductions n'ont pas vraiment convaincu. C'est qu'ils négligeaient la possibilité que l'auteur ait recouru à d'autres langages européens, comme le Portugais et, surtout, quelque jargon paysan de l'Est de la France.Au-delà de cette question linguistique, comme Mercure est un masque du Christ dans le Cymbalum Mundi, il est tentant de regarder cet épisode comme une reprise satirique de la vieille accusation faisant de Jésus un magicien (et non l'auteur de miracles), et notamment une parodie du passage de Marc (Mc. VII, 31-37) où celui-ci emploie la mystérieuse formule Hephathah (« Ouvre-toi ! ») pour faire parler un sourd-muet.
In the third dialogue of Bonaventure des Périers's Cymbalum Mundi (1537), the god Mercurius undertakes to make speak a work horse called « Phlegon ». To do this, he uses a magic formula that many scholars have claimed to be meaningless. Only few critics have seen in it a mixture of Greek and Latin words, but their translations are not really convincing. This is because they failed to recognise the possibility that the author used other European languages, such as Portuguese and, perhaps, a peasant dialect from Eastern France.Beyond this linguistic question, as Mercury is a mask of Christ in the Cymbalom Mundi, we may consider this episode as a satirical resurrection of the old charge that Jesus was a magician (and not the author of miracles), and especially a parody of a passage from Mark (Mk. VII, 31-37) where Jesus uses the mysterious formula Hephathah (« be opened ! ») in order to make a deaf-mute speak.
ISSN:1969-654X
Contains:Enthalten in: Réforme, humanisme, renaissance
Persistent identifiers:DOI: 10.3917/rhren.085.0137