Religion de la vie et métagénéalogie de l’originaire. Aspect contre-réductif, mystique et éthique
Si la vie phénoménologique absolue en son auto-apparaître signifie pour nous une naissance transcendantale dans la vie et ce, en vertu d’une passibilité radicale, alors il faut bien admettre un lien originaire indissoluble entre vie et chair, c’est-à-dire un rapport entre Absolu et ipséisation. Sur...
| Main Author: | |
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| Format: | Electronic Article |
| Language: | French |
| Check availability: | HBZ Gateway |
| Interlibrary Loan: | Interlibrary Loan for the Fachinformationsdienste (Specialized Information Services in Germany) |
| Published: |
2026
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| In: |
Revue des sciences religieuses
Year: 2026, Volume: 100, Issue: 1/2, Pages: 123-146 |
| Further subjects: | B
Phenomenology
B religion de la vie B Michel Henry B Phénoménologie B religion of life |
| Online Access: |
Volltext (kostenfrei) Volltext (kostenfrei) |
| Summary: | Si la vie phénoménologique absolue en son auto-apparaître signifie pour nous une naissance transcendantale dans la vie et ce, en vertu d’une passibilité radicale, alors il faut bien admettre un lien originaire indissoluble entre vie et chair, c’est-à-dire un rapport entre Absolu et ipséisation. Sur le plan méthodologique, et dans le cadre d’une approche contre-réductive visant l’originarité de notre vie, il est alors possible de reconnaître une réciprocité pathétique entre l’Absolu et l’Individu, réciprocité que nous nommons religio dans un sens métagénéalogique visant à saisir ce qui précède les manifestations historiques des religions. Pour une phénoménologie du christianisme s’impose alors une analyse de l’Incarnation christique comme Affectabilité charnelle qui tiendra compte du fait que, à l’échelle de chaque vivant, les épreuves auto-impressionnelles impliquent également une éthique et une esthétique originaires consistant à entendre la « Parole de la Vie », et cela à tout instant. Dès lors, la compréhension immédiate de toute vie culturelle et sociale doit se situer avant toute représentation normative, c’est-à-dire au cœur d’un vivre de l’intersubjectivité compris comme co-pathos. Elle prend alors la forme d’une « attention à la vie » comme ipséité. L’étude s’inspire de la phénoménologie matérielle de Michel Henry qui part d’une analyse de la « manifestation » et de l’apparaître affectif (dès L’essence de la manifestation en 1963) pour aboutir à celle de la « révélation » de son auto-apparaître en Dieu (à partir des années 1990), cela sans pour autant quitter le projet d’élaborer une phénoménologie radicale pour une théologie. En ce sens, notre expression « religion de la vie » retrace structurellement cette démarche henryenne en s’appuyant sur l’originarité de l’Absolu et son épreuve immanente (1) qui implique notre « naissance en Dieu » (2) pour aboutir à l’unité transcendantale de l’éthique et de la religion au sens d’une religio proto-relationnelle avec la Vie absolue elle-même (3). Sur le plan épistémique, la réduction phénoménologique depuis Husserl devient alors une « contre-réduction » qui prend pour point de départ cette Vie originaire en nous sans médiation transcendante. If absolute phenomenological life, in its self-appearance, signifies for us a transcendental birth into life by virtue of a radical passibility, then we must acknowledge an indissoluble original link between life and flesh, that is, a relationship between the Absolute and self-realization. Methodologically, and within the framework of a counter-reductive approach focused on the originality of our life, it is then possible to recognize a pathetic reciprocity between the Absolute and the Individual, a reciprocity that we call religio in a metagenealogical sense aimed at grasping what precedes the historical manifestations of religions. For a phenomenology of Christianity, an analysis of Christ’s Incarnation as carnal Affectibility is thus necessary, one that will take into account that, at the level of each living being, self-impressing experiences also imply an original ethics and aesthetics consisting of hearing the ‘Word of Life’, at every moment. Therefore, the immediate understanding of all cultural and social life must precede any normative representation, that is, it must lie at the heart of an intersubjective way of life understood as co-pathos. It then takes the form of an ‘attention to life’ as selfhood. The study draws inspiration from the material phenomenology of Michel Henry, which begins with an analysis of ‘manifestation’ and affective appearing (from The Essence of Manifestation in 1963 onward) to arrive at that of the ‘revelation’ of its self-appearance in God (from the 1990s onward), without abandoning the project of developing a radical phenomenology for a theology. In this sense, our expression ‘religion of life’ structurally retraces Henry’s approach by relying on the originality of the Absolute and its immanent experience (1) which implies our ‘birth in God’ (2) to arrive at the transcendental unity of ethics and religion in the sense of a proto-relational religio with absolute Life itself (3). On the epistemic level, phenomenological reduction since Husserl has then become a ‘counter-reduction’ which takes as its starting point this original Life within us without a transcendent mediation. |
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| ISSN: | 2259-0285 |
| Contains: | Enthalten in: Revue des sciences religieuses
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| Persistent identifiers: | DOI: 10.4000/15yxs |



